Zoom sur le festival 48 images seconde

Avec une nouvelle dénomination, les rencontres cinématographiques de Lozère mettent à l'honneur cette année le Western.

Le Western est un genre cinématographique dont l'action se déroule généralement en Amérique du Nord lors de la conquête de l'Ouest dans les dernières décennies du XIXe siècle. Il a marqué profondément l'histoire du cinéma. Depuis le cinéma muet, le cinéma américain exploite en effet ce genre à la gloire des États-Unis. Mais, à partir des années 50, la question du génocide amérindien est de plus en plus posée et interroge sur la violence de la conquête. Dans les années 1970, l'Italie s'empare du genre, avec les westerns dit « spaghetti », et livre quelques chefs d'œuvre comme « Il était une fois dans l'Ouest ». Depuis et régulièrement, des westerns sont produits et suscitent toujours un bel engouement du public.

Rencontre avec Guillaume Sapin, président du Ciné club de Florac pour en apprendre un peu plus sur cet événement, mais aussi sur les projets de l'association, etc.

Les "Rencontres des ciné-clubs" deviennent "Rencontres cinématographiques" et portent un nouveau nom "Festival 48 images seconde", pourquoi ?

Depuis la création de l'événement en 2010, nous avons voulu ouvrir les portes des ciné-clubs à un public plus large et non initié ; les retours des précédentes éditions furent toujours très positifs mais on sentait que l’appellation « rencontres des ciné-clubs » avait un côté club fermé. Au contraire, ces rencontres sont l'occasion pour tout un chacun de venir voir le travail d'animation des ciné-clubs, un peu comme une porte ouverte, tout en en profitant pour parfaire sa connaissance du cinéma, pour découvrir ou redécouvrir des classiques...

Nous cherchions donc un nom plus générique, quelque chose que les spectateurs pourraient retenir rapidement. Après un petit brainstorming avec l'équipe, nous avons opté pour « 48 images seconde », d'un côté pour rappeler le caractère cinématographique de l'événement (48 images/sec est une cadence de prise de vue dans le cinéma) et, d'un autre côté, pour appuyer le côté local (48, le département de la Lozère).
 

Quelles nouveautés par rapport aux années passées du point de vue de la programmation, mais aussi des projets de l'association?

Au départ nous proposions l'événement essentiellement aux ciné-clubs, même si nous avons eu l'opportunité de travailler avec les cinémas de Marvejols, Mende et Langogne chaque année. Petit à petit, le festival prenant de l'ampleur, nous sommes allés rencontrer les différentes salles de cinéma d'exploitations commerciales afin qu'elles intègrent à leur manière (des films plus récents) la programmation. Cette année, pour la première fois, tous les écrans lozériens sont représentés : Langogne, Mende et Marvejols bien évidemment, mais aussi le Ciné-théâtre de Saint-Chély d'Apcher, Cinéco, et les trois nouvelles associations de ciné-clubs : L'oeil du vent à Sainte-Croix-Vallée-Française, le café-ciné du Valdo et la prochaine version du ciné-club de Marvejols.

La programmation est totalement libre pour chaque association ou cinéma, mais nous sommes présent dans les discussions et les réflexions de chacun afin d'équilibrer la globalité de l'événement. Il est important d'une part que la thématique soit bien mise en valeur dans toutes les villes, mais aussi de ne pas trop chevaucher les dates et les lieux de projections.

A l'avenir, il ne sera pas impossible qu'une association gère la programmation de l'ensemble du festival, mais pour cela il faudra gagner la confiance de chaque salle, et celle-ci se gagne déjà par une bonne fréquentation de cet événement !
 

Pourquoi cette thématique ?

Chaque année, nous avons plusieurs idées de thématiques. Le Western avait déjà été proposé l'an passé où nous avons projeté des films japonais, nous avons donc naturellement remis cette idée sur le tapis. Ceci étant, c'est un thème qui est de plus en plus rare dans le cinéma contemporain et les jeunes générations ne connaissent finalement que très mal le Western au cinéma. Nous espérons donc voir cette année autant des spectateurs amoureux du genre (des classiques, des spaghetti...) que des étudiants ou des lycéens qui aimeraient découvrir des classiques. En effet, avec le succès des films comme Django de Tarantino ou True Grit des frères Coen, je ne serais pas étonné de voir des jeunes spectateurs s'intéresser au genre.
 

Quels types de westerns pourrons-nous voir sur le festival ? Qu'est-ce qui les différencie ?

Nous avons travaillé la thématique suivant trois axes historiques, les classiques (représentés par John Ford, Howard Hawks), les crépusculaires des années 60 et 70 (les films de Leone ou de Eastwood) mais aussi le cinéma plus contemporain (notamment Gold, de l'Allemand Thomas Arslan, sorti l'année dernière). L'idée étant bien évidemment de couvrir l'ensemble de l'histoire du cinéma afin de permettre au spectateur d’observer l'évolution du genre mais aussi de se concentrer sur des auteurs précis pour comprendre leur vision du cinéma. D'où les interventions de Jean Douchet ou des ciné-clubs participant...
 

Pourquoi ce genre cinématographique continue-t-il de faire des émules parmi les cinéastes ?

C'est un genre qui est encore présent sur nos écrans mais surtout par le biais de remakes, de réadaptations ou d'hommages. Malheureusement il n'y a plus beaucoup de place pour les créations originales et c'est en redécouvrant les classiques du genre que l'on s'en aperçoit. Les frères Coen ou Tarantino, cités plus haut, proposent des films, certes réussis, mais qui reprennent des trames ou des personnages déjà établis des décennies auparavant. Aujourd'hui, seules quelques productions très indépendantes (La dernière piste, Gold...) montrent que le genre n'a pas dit son dernier mot.
 

Jean Douchet revient à Florac cette année... Pourquoi ?

Jean Douchet était présent lors de la première édition du festival en 2010. A l'époque il était venu en tant que critique mais aussi en tant que témoin de la Nouvelle Vague, le thème que nous avions abordé cette année là. Pour le western, les spécialistes sont nombreux, et comme nous avons la chance d'avoir des rapports privilégiés avec ce passeur exceptionnel, nous lui avons proposé de revenir partager avec le public tout son savoir et sa passion des cinéastes comme John Ford, Howard Hawks et consorts.

Du haut de ses 85 ans, Jean Douchet reste l'un des plus grands critiques de renommée internationale et il anime toujours de nombreuses projections à la Cinémathèque Française, à l'institut Lumière de Lyon ou à la Cinémathèque de Bourgogne. Son arme à lui, c'est la politique des auteurs dont il est, avec Godard, Truffaut et d'autres à l'époque, l'un des fondateurs historique. Nous espérons que les spectateurs qui l'ont découvert il y a quatre ans reviendront et que de nombreux autres les rejoindront.

 

Plus d'informations sur www.48imagesseconde.fr ou au 04 66 45 12 73.

Crédits photos Fond : Festival International du Film de Vébron