Rencontres des Ciné-Clubs

Chaque année depuis 2010, les Ciné-clubs et certains cinémas du département s’associent pour créer des rencontres autour du cinéma et mettre à l'honneur un genre cinématographique.

Un événement qui propose cette année de découvrir le cinéma japonais. Des projections auront lieu aux quatre coins du département, mais aussi des débats après chaque film et deux conférences, une sur le cinéma japonais de Bastian Meiresonne, l'autre sur la nouvelle vague japonaise par Nicolas Thévenin.

Plusieurs aspects du cinéma japonais seront abordés : films de Yakuza, Mangas, classiques de Mizogushi, d'Ozu, de Kurosawa, films historiques, etc.

Un stage de création de musique de film est également prévu au cœur du festival, animé par Frédéric Bousquet à partir d'une séquence d'un film muet de Yasujiro Ozu. Une restitution du travail effectué aura lieu dimanche 10 mars 2013 à 14 h00 à la Genette Verte.

 

Rencontre avec Guillaume Sapin, président du Ciné-Club de Florac.

Pouvez- vous nous faire une rétrospective des Rencontres des Ciné-Clubs ?

Tout a commencé en 2010 avec l'opportunité de faire venir Jean Douchet, éminent spécialiste du cinéma, qui a débuté sa carrière avec les réalisateurs de la Nouvelle Vague : Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol... Grâce à mes contacts gardés avec la Bourgogne (d'où je viens) et Nicholas Petiot de la cinémathèque de Bourgogne, nous avons eu la chance de faire venir ce grand Monsieur du cinéma pour un premier événement autour de la Nouvelle Vague bien sûr.

Une dizaine de projections ont eu lieu dans les villes de Florac, Langogne, Mende et Marvejols (qui avait encore un Ciné-club à l'époque) ; Jean Douchet a par ailleurs animé un atelier avec des lycéens de Mende et des collégiens de Florac. Les projections étaient toutes en 35mm, et nous avons pu découvrir ou redécouvrir des classiques tel que Le Mépris, de Godard (qui reste aujourd'hui la séance qui a comptabilisé le plus grand nombre de spectateurs!) ou Tirez sur le pianiste, de François Truffaut.

Les deux années suivantes, nous avons parlé « Cinéma indépendant new-yorkais » avec Thierry Jousse et en 2012 « Cinéma Fantastique » avec Jean-Baptiste Thoret qui a passionné notre public.

Plusieurs structures co-organisent ce festival, comment vous organisez-vous ?

Depuis l'origine, c'est le Ciné-club de Florac qui est chargé de la coordination du projet sur le département. Il a fallu d'abord motiver les autres Ciné-clubs et bien sûr demander des subventions. Chaque Ciné-club, ou cinéma, choisit sa propre programmation et son organisation interne ; il n'y a pas non plus de tarif commun. A Florac, comme ce festival est au cœur de notre programmation annuelle, nous organisons un week-end entier de projections avec un intervenant professionnel. Les autres Ciné-clubs, par manque de moyens financiers surtout, proposent une programmation plus légère mais participent à l'élaboration du festival (thématique, proposition de films, affichage...).

Depuis l'an passé, Langogne via le cinéma et la bibliothèque a rejoint l'initiative lancée par Florac, en proposant plusieurs projections et un invité. Pour cette édition 2013, il y aura donc 2 pôles importants de projections à Florac et Langogne ; le Ciné-Club de Mende et le cinéma de Marvejols participent avec un film japonais chacun.

Nous espérons bien sûr l'an prochain rattacher St-Chély d'Apcher à notre événement avec l'ouverture du Ciné-théâtre.

Comment choisissez-vous le thème des Rencontres ?

Nous essayons de couvrir des thématiques variées chaque années. Ainsi nous sommes passés d'un courant (la Nouvelle Vague) à une façon de travailler (le cinéma indépendant new-yorkais), puis à un genre (le Fantastique) et enfin à un pays (le Japon). Nous voulons montrer les différentes approches que l'on peut avoir du cinéma car notre ambition est bien sûr de montrer ce qu'est le 7ème art « sous toutes ses coutures ».

Nous avons encore beaucoup d'idées de thématique : par réalisateur, par acteur, par des spécificités techniques (la musique, le montage...), par époque... Le Ciné-club de Florac (10 personnes quand même) fait un « brainstorming » et soumet une ou plusieurs propositions aux autres organisateurs de la manifestation. Cela se fait dans les semaines qui suivent l'édition de l'année car il faut du temps pour cadrer les choses avant de choisir la programmation qui doit être prête pour l'automne.

Comment établissez-vous la programmation ?

C'est presque la chose la plus complexe ! A Florac, depuis l'an passé, nous avons cadré le choix de la programmation comme suit : les 10 membres du conseil d'administration proposent chacun 5 films et les défendent un par un. Ensuite nous établissons un système de vote qui permet de faire ressortir les 6 ou 7 films que l'on compte projeter à la Genette Verte. Après il faut vérifier l'existence et le montant des droits de projections auprès de notre fédération. Notre budget restreint nous oblige souvent à choisir un film plutôt qu'un autre, mais d'autres éléments sont pris en compte (durée, date, réalisateurs...) afin d'avoir une programmation homogène sur la thématique que l'on aborde.

Nous faisons bien sûr participer le ou les intervenants dans nos choix, une carte blanche est d'ailleurs proposée à l'intervenant (cette année c'est le film Shara, de Naomi Kawase, que Nicolas Thévenin nous propose de découvrir).

Enfin la programmation est confrontée aux autres choix des organisateurs lozériens afin d'éviter les doublons.

C'est donc très fastidieux et parfois très frustrant car le temps et les moyens que nous avons nous obligent à restreindre le nombre de films. Mais au final, nous arrivons à quelque chose de très cohérent qui nous permet d'atteindre tous types de public.

Comment répartissez-vous les projections au sein des divers lieux de projections de Lozère qui participent à l'événement?

Comme je l'ai précisé auparavant, chaque Ciné-club ou cinéma est libre de programmer les films qu'il veut, mais nous coordonnons bien évidemment l'ensemble afin de vérifier que les films choisis correspondent bien à la thématique.

Pour le moment, seuls Florac et Langogne ont pris la décision d'organiser l'événement avec plusieurs projections et intervenants, mais nous espérons avoir à l'avenir une programmation homogène sur tout le département.

Pouvez-vous nous parler de l'édition 2013 ?

Quand nous avons choisi la thématique du Cinéma Japonais nous savions que nous serions confrontés aux a priori du public. Mais ce choix n'est pas anodin car notre intérêt est de faire découvrir quelque chose de nouveau aux spectateurs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous faisons intervenir des professionnels du cinéma dont le métier est justement de partager une passion.

Le cinéma Japonais est l'un des plus florissants au monde, et ce, depuis l'invention du cinéma. C'est un cinéma très codifié (les films historiques, les films de yakuza, les films d'animation...) et souvent mal connu du grand public alors qu'il est une source d'inspiration de très nombreux cinéastes classiques ou contemporains (on ne cite plus les références de Quentin Tarantino !).

Nous avons voulu explorer les différents sous-genres principaux que compte le cinéma japonais et les spectateurs pourront découvrir des grands classiques (Rashomon, de Kurosawa, Les contes de la lune vague après la pluie, de Mizogushi ou Le goût du saké, d'Ozu) ; des perles plus rares (Contes cruels de la jeunesse, d'Oshima décédé il y a quelque semaines) ; des films d'animation méconnus (Summer Wars ou Les enfants loups, de Hosida) et même des films d'action (Guerre des gangs à Okinawa, de Fukasaku, réalisateur de Battle Royal, ou Zatoichi, de Kitano).

Le Trianon-Cinéma de Marvejols, faute du renouvellement du Ciné-club, participe aussi chaque année en proposant un film dans sa programmation hebdomadaire. Cette année le choix s'est porté sur Hiroshima mon amour, d'Alain Resnais, l'occasion de re-découvrir ce classique du cinéma français.

Un coup de cœur parmi la programmation ?

La forteresse cachée, d'Akira Kurosawa !

Pour plusieurs raisons : d'une part c'est le film d'ouverture du festival, l'occasion pour les spectateurs de rencontrer les intervenants et d'adhérer à leur vision du cinéma (généralement le public ne décroche plus et enchaîne les projections!) ; c'est aussi une première approche du cinéma de Kurosawa, l'un des plus grands cinéastes au monde ; et enfin c'est un film très accessible (dès 8 ans), l'aventure d'une princesse et de deux paysans qui est à l'origine du scénario de Star Wars !


 

2010 – Nouvelle Vague
2011 – Cinéma indépendant new yorkais
2012 – Cinéma fantastique
2013 – Cinéma japonais


 

Crédits photos Fond : Festival International du Film de Vébron