“MERVEILLES DU MONDE” Argentine - Rwanda Russie - Chypre

Danse
Lundi 13 août 2018 Chapiteau La Fage Saint Julien 21h00

GRAN BALLET ARGENTINO
ARGENTINE

Investi par les pionniers à cheval appelés gauchos, le pays le plus au sud du monde avec le Chili, s’étend sur près de quatre mille kilomètres, depuis les touffeurs tropicales de la province de Misiones, au nord, jusqu’aux solitudes glacées de la terre de feu. Sur cet immense territoire on trouve à peine trente millions d’hommes dont le tiers habite dans la capitale, Buenos Aires.

Il y a deux mondes en Argentine. Le premier, couvert de zones de montagne dont l’Aconcagua à plus de six mille mètres et de vastes plaines et plateaux qui progressivement s’élèvent jusqu’à la cordillère des Andes. Cette chaîne constitue une barrière infranchissable avec le Chili. Ces sommets donnent naissance à quelques sites dont le plus majestueux est celui des chutes d’Iguaçu qui se trouvent au point de rencontre du Brésil, du Paraguay et de l’Argentine. Le second, constitue la zone de la Pampa. Une immensité de terres plates comme le dos d’une main recouverte d’une herbe rase que peuple une population de cavaliers et qui se perd au sud dans une sorte de vide sidéral parsemé de quelques noyaux urbains.

Dans la « géographie folle » de cet immense triangle, tête en bas, grand comme la moitié de l’Europe, qui s’aligne des Tropiques à la Terre de feu, l’extrême variété des climats permet de trouver, quel que soit la saison, des paysages étonnants.

Cette géographie éveille chez les Argentins le vertige d’une nation sans limites. Après quatre siècles d’histoire, l’Argentine est toujours à la poursuite de son unité. Elle se proclamerait volontiers « seul pays blanc au sud du Canada ». Ce serait laisser pour compte ces hommes du nord aux yeux bridés, au teint foncé, aux cheveux en baguettes de tambour et l’allure proprement bolivienne des Indiennes, coiffées d’étranges petits chapeaux melons noirs, la taille prise par quatre ou cinq jupons superposés. On ne peut oublier non plus les vigognes et les lamas, les uns et les autres inséparables de la plainte aiguë, sautillante et mélancolique des « carnavalitos », où la population indienne a intégré le christianisme espagnol aux adorations solaires de son propre univers.

L’autre face de l’Argentine, c’est la vie et l’étrange mélancolie qui donna naissance un jour au tango. Les « porteños », habitants de Buenos Aires, ont inventé un art de vie unique qui s’organise autour de multiples pause-café. En leur compagnie on ne sait quand se termine la conversation et où commencent la littérature et le tango. Cette musique plaintive, qui regrette toutes les choses qu’on aimait, trouve son origine dans les bouges du port et dans la fumée âcre des cigarettes. Ici a fait souche une population d’émigrés venue le plus souvent des pays méditerranéens, refoulée jusque-là par une sorte de marée triste qui est celle de l’ennui et de l’échec.

Alors, s’est installé ce vague à l’âme dont on dit aujourd’hui qu’il est inséparable de l’Argentine. Sur les ports chantent les violons et les bandonéons, même si pour dépasser cette misère la vie dans les cafés est indispensable au « porteño ». Il y cultive son goût d’un chic fantôme, celui d’une Europe imaginée depuis les antipodes. Entre montagnes glacées et touffeur glauque des ports, se pose la question de comment être Argentin. La culture constitue alors le dernier rempart contre le chaos. C’est tout le défi du spectacle du Gran Ballet Argentino de Miguel Angel TAPIA.

ENSEMBLE FOLKLORIQUE « INYAMIBWA »
RWANDA

Centré sur la crête Congo-Nil, le Rwanda est un petit État enclavé de l'Afrique orientale, limité à l'ouest par la République démocratique du Congo, au nord par l'Ouganda, à l'est par la Tanzanie et au sud par le Burundi. Sa population est une des plus denses d'Afrique. Le pays est un ensemble de hautes terres organisé de façon dissymétrique avec des altitudes souvent élevées.

La culture traditionnelle rwandaise est liée à celle des populations de l'Afrique des grands lacs.

La structure de la royauté ancestrale a impressionné les premiers colons par son organisation sophistiquée. La croyance traditionnelle en un Dieu unique, Imana, sensible à leur condition, les récits oraux, la langue (le kinyarwanda) et les proverbes, les chants, les tambours et la danse tiennent une grande place dans cette culture fortement imprégnée des combats des guerriers et des activités agricoles comme l’élevage, l’agriculture, la chasse et la cueillette. La vache et le lait, la lance avec des fers aux géométries diverses, la houe, l'arc, le vin de banane, la bière de sorgho et les paniers tissés sont des symboles de la tradition rwandaise.

La population du Rwanda est répartie dans une vingtaine de clans familiaux d'une part, et d'autre part dans des subdivisions socio-professionnelles (Hutu, Tutsi, Twa) qui ont donné lieu à une surévaluation de leur importance pendant la colonisation et également des instrumentalisations politiques, dont les retournements ont été à l'origine du génocide de 1994.

Les mariages sont évidemment l'occasion d'entretenir les traditions. La dot, payée par le fiancé aux parents de la fiancée (une vache, une houe, selon le milieu socio-professionnel et la richesse), était le résultat d'une négociation longue et parfois épique entre les familles. Il en reste une sorte de jeu de rôle très ritualisé, en plusieurs étapes, parfois d'un humour irrésistible, où chaque famille transmet quelque chose de sa connaissance de la vie à ses enfants et très concrètement de quoi faire vivre le jeune ménage.

L’Ensemble folklorique « Inyamibwa », fondé le 14 juillet 1998 par un groupe d’étudiants, a pour ambition de promouvoir la culture rwandaise, la paix entre les différentes ethnies et l’harmonie par les arts et traditions populaires. Cette ambition, que l’on comprend parfaitement dans les années qui suivirent le génocide de 1994, est toujours vivace car la paix est un combat permanent dans ce pays.

Toutes les religions et toutes les ethnies sont représentées dans le ballet. Le groupe est aujourd’hui celui de la principale université du pays et a reçu le label du ministère de l’éducation et de la culture.

On dit du Rwanda qu’il est celui des mille collines. Une géographie qui explique l’organisation du territoire et des ethnies. Un proverbe raconte que "Dieu passe ses journées ailleurs mais rentre dormir au Rwanda".

« Inyamibwa » vous raconte combien cette terre est riche mais également tourmentée. Vous comprendrez mieux pourquoi les historiens expliquent que nous sommes là au berceau de l’humanité.

RUSSIE

L’âme tzigane russe avec » les sons de la Parma » de Perm – Russie – en tournée avec Festivals du sud

Personne ne sait exactement quand les premiers Tsiganes sont apparus en Russie, mais on sait qu’ils ont été accueillis avec bienveillance et curiosité. Le tempérament passionné des Tsiganes a séduit l'âme nordique des Russes. Les Tsiganes interprétaient des chansons populaires avec tellement de passion et de beauté qu'ils ont vite acquis une grande popularité. Pouchkine fut le premier à lancer la mode des Tsiganes dans les milieux cultivés. Son poème génial "les tsiganes" évoque un esprit de liberté étranger à la mentalité du peuple russe. Après Pouchkine, les Tsiganes faisaient partie intégrante de la Russie. La grandeur de la culture tsigane réside dans l'interprétation

ENSEMBLE FOLKLORIQUE NATIONAL "OTHELLO"
République turque de CHYPRE DU NORD

L’île de Chypre située au nord-est du bassin Méditerranéen, ressemble à un porte avion ancré entre deux puissances qui s’en partagent le contrôle. Au nord, la Turquie, au sud, la Grèce, délimitant ainsi son territoire par la « ligne verte », véritable ligne de démarcation, qui est de fait une zone démilitarisée et contrôlée par les casques bleus de l’ONU. L’état de Chypre du nord n’est reconnu que par la Turquie, car l’ONU et le conseil de l’Europe considèrent la partie nord de l’île comme occupée par la Turquie.

Le folklore occupe une place importante chez les Chypriotes turcs, qui, en raison de leur situation géographique, ont bénéficié d’une variété de cultures. Romains, Byzantins, Vénitiens et Turcs ont tous influencé le patrimoine culturel de cette île méditerranéenne. Et derrière une division apparente avec les grecs, une même culture plus cachée. L’Ensemble folklorique national « Othello » de la république turque de Chypre du nord, créé en 1977, est pétri de ces influences qui déterminent la qualité de son spectacle.

La plupart de ses danses sont consacrées aux thèmes de la vie quotidienne ou d’évènements spéciaux. Ceux de la terre, belle, rude et sèche qui porte une agriculture traditionnelle et familiale. Aussi beaucoup de ses danses lui sont-elles dédiées : le transport de l’eau, les travaux des champs, la moisson qui est la grande fête de l’été, comme la faucille est l’instrument symbolique de l’île. Ceux de la vie quotidienne, marquée par les fêtes, dont celle du mariage qui prend ici une résonance particulière. La musique de ces danses contient des paroles qui renforcent l’effet des mouvements dans les danses.

La principale tâche de ce peuple est de transporter l’eau dans une île-nation où, ironiquement, l’eau est rare et précieuse.

Le « Kozan Oyunu », dansé par les femmes et parfois les hommes, portant des cruches, rappelle la charge portée, l’accomplissement des tâches et vicissitudes qui jalonnent les chemins vers les sources. « Orak », qui signifie faucille, raconte les hommes agriculteurs qui utilisent celle-ci comme un jeu, en les jetant et les attrapant, aidés des femmes qui leur apportent de l’eau dans des cruches, car ils sont assoiffés et fatigués. « Kozan », représente un moment de la cérémonie d’un mariage et est dansé par les femmes avec une cruche d’eau. La mariée brise la cruche en la jetant au sol, ce qui symbolise un bonheur éternel. Une autre croyance est que les pièces de monnaie ou des bonbons mis à priori à l’intérieur du pot, font que la cruche une fois cassée, symbolise la fertilité. Les « karsilamas » sont dansés par deux ou plusieurs danseurs, mis en situation de face à face et symbolisent l’amitié. L’aigle, oiseau symbolique de l’île, a donné naissance à la danse « kartal » qui représente la lutte d’un aigle à ne pas laisser sa proie à être saisie par d’autres aigles.

Les instruments de musique et les costumes sont également d’un grand intérêt. Si les costumes des hommes semblent parfois austères, par contre les jeunes filles portent de superbes vêtements enrichis de bijoux. Elles ont la grâce à la fois grecque et orientale, qui colle bien avec une musique fortement marquée par l’influence du Proche Orient voisin.

Une île à découvrir au vent de l’éternelle Méditerranée qui pousse, bien au-delà des limites posées par les hommes, son même souffle culturel depuis vingt siècles.
 

 

 

 

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