Des espagnols dans les camps // Paul Senn (1901-1953)

Du 02/04/2019 au 20/04/2019
Lieu : La maison consulaire

TERRE DE MÉMOIRES /DES ESPAGNOLS DANS LES CAMPS

De 1936 à 1939, l’avancée progressive et la victoire des troupes franquistes lors de la guerre d’Espagne entraînent un exode sans précédent qui jette sur les routes près d’un demi-million de  républicains  espagnols  et  leurs  familles.  Cette  Retirada, où  le franchissement  des Pyrénées se fait dans de terribles conditions de froid et de dénuement, se poursuit par une souffrance peut être pire encore pour ces combattants de la liberté : celle d’être considérés comme indésirables par la France, qui les internera dans des camps où ils subiront la faim, la maladie et l’humiliation.

Pour commémorer ce 80ème anniversaire, le Mémorial du Camp de Rivesaltes a souhaité mener un projet d’ampleur régionale en partenariat avec 14 communes des 11 départements de la Région Occitanie et du Département des Pyrénées Orientales qui partagent  cette  douloureuse histoire :  Argelès sur Mer, Saint Cyprien, Le Barcarès, Agde, Rieucros, Lannemezan, Bram,  Brens, Rivesaltes, Le Récébédou, Noé, Septfonds, Le Vernet d’Ariège, et Gurs, en proposant une exposition intitulée Des espagnols dans les camps.

Cette exposition est constituée de 14 portraits pris par Paul Senn, photoreporter suisse qui a couvert la guerre d’Espagne et ses suites de 1938 à 1942, sur les routes de l’exil et dans les camps.

À chaque portrait est associée la parole d’un témoin (Pepita de Bedoya, Miguel Aznar, Felix Brezo Riuz, Isabel Del Castillo, Jaume Grau, Mariano Marcos, Firmo Ferrer, Gilbert Susagna, Emilio Marco Perez, Maria Baqué, Antonio de la Fuente, Jose Torres, Noria Mor, Augustine Biosca) passé par un de ces camps, qui évoque un souvenir marquant de ce qu’il a vécu lors de son exil ou de son internement.

 

BIOGRAPHIE DE PAUL SENN

Le photographe Paul Senn  (1901-1953)  a développé un nouveau langage visuel, en thématisant la vie quotidienne. En Suisse, il a effectué des reportages sur les mondes paysans et ouvriers. Il a également parcouru la plupart des pays européens et séjourné en Amérique du Nord et du Sud.  Il a travaillé pour plus de quinze magazines suisses et étrangers. Senn fait partie, avec Gotthard Schuh et Hans Staub, des trois grand « S » de la génération de reporters des années 1930 à 1950. Pendant l’ère Kübler, il a acquis une notoriété nationale auprès de la Zürcher Illustrierte et plus tard de la revue Du.

Les archives de Paul Senn ont été déposées au Musée des Beaux-Arts de Berne par la Fondation Gottfried Keller. Les archives de Paul Senn y ont été conservées, entreposées et à nouveau mises à la disposition du public.

Paul Senn, né le 14 août 1901 à Rothrist et mort 25 avril 1953 à Berne est un photographe suisse.

Après avoir suivi l’école primaire et secondaire à Berne, Senn, en 1917 fait un apprentissagede dessinateur en publicité et de retoucheur. À la fin de son apprentissage, il travaille dans différentes villes européennes puis des 1922 comme graphiste à Lyon. Il devient, en 1924, photoreporter à la Basler Nachrichten (qui deviendra ensuite la Basler Zeitung), où ses premières photos sont publiées. De 1927 à 1928, il séjourne à Milan, Gênes, en Allemagne, Belgique, France et à Barcelone. Après ces voyages, il ouvre son propre atelier de graphiste et publicité à Berne.

Dans les années 1930, Senn travaille comme photoreporter pour la Zürcher Illustrierte et la Berner Illustrierte et voyage en France, Italie, Espagne et les Balkans. En 1937, Senn accompagne un convoi de secours lors de la guerre civile espagnole et fait un reportage qui paraît dans un numéro spécial de la Zürcher Illustrierte. Au début de l’année 1939, il se rend à la frontière  franco-espagnole où il documente la Retirada. Ses photos sont reproduites dans des journaux suisse et distribuées par l’agence AP (Agent Press). En juin 1939, il voyage pour la première  fois aux Etats-Unis et visite à l’Exposition universelle qui a lieu à New York.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Senn est mobilisé dans l’armée suisse comme photographe militaire. Après la disparition de la Zürcher Illustrierte en 1941, il travaille pour la Schweizer Illustrierte et pour Sie + Er. De 1942 à 1944, il parcourt le sud de la France à plusieurs reprises et fait un reportage sur les activités de l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière et des travaux de reconstruction de Lyon. Après la fin de la guerre en 1945, Paul Senn parcours l’Europe pour la Croix-Rouge et le Don suisse pour les victimes de la guerre. Pour la Schweizer Illustrierte, il se rend, en 1946 aux États-Unis  et  visite  New  York  et  les  communautés  suisses  implantées  aux  États-Unis.  En 1947, il repart en mission pour le Don suisse pour les victimes de la guerre en Finlande puis en Allemagne où il photographie la reconstruction.

En 1950, il voyage en Allemagne, France, Italie et Angleterre. Il fonde, en 1951 avec Werner Bischof, Walter Läubli, Gotthard Schuh et Jakob Tuggener le Kollegium der Schweizerischen Fotografen («Collège des photographes suisses»).

Paul Senn atteint d’un cancer du foie et des reins, s’éteint le 25 avril 1953 au Zieglersspital à Berne. 

L’expo sera visible à Mende du 1er au 19 avril 2019,  les mercredis après-midi de 15 à 18h et les samedis de 10 à 13h et de 15h à 18h

Organisation :
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Crédits photos Fond : Rupture au Mont-Blanc- Claudine Georget