Mondociné : 9 ateliers pour voyager à travers le Monde par ses cinémas - Thaïlande

Florac
du Jeudi 28 novembre 2019 au Samedi 28 novembre 2020

Le cinéma reste l’art privilégié pour ouvrir une fenêtre sur l’Ailleurs et nous y faire entrer… Aujourd’hui à l’hégémonie du cinéma américain, il faut ajouter la concurrence de Netflix et des séries qui propagent un même mode vie, ou au moins une vision quelque peu mondialisée des pays encore vus comme « exotiques ».

Jeudi 28 novembre à 19h30 à La Nouvelle Dimension
Thaïlande, les grands flamboyants
Tarif : 3 € / Gratuit pour les adhérents

En Asie du sud-est, le cinéma de Thaïlande est résolument à part. Si c’est le seul pays à n’avoir pas été colonisé au 20ème siècle, son cinéma est un à la fois un creuset d’influences extérieures et la rencontre avec une forme de spectacle traditionnel très populaire (nang yai ou théâtre d’ombres) et codifiée depuis des lustres. Ce spectacle va se voir très vite dépassé par le succès du cinéma qui en conservera pourtant certains principes : des récits simples, immédiatement compréhensibles grâce à des personnages archétypaux et des codes très précis, car le public assistait rarement à l’intégralité des films (considérés comme un moment de la vie) et devait pouvoir comprendre immédiatement l’histoire pour la prendre en cours de route.

Parce qu’à l’origine, le roi a été immortalisé lors de son voyage à Berne en 1897, les élites vont se passionner pour cette innovation technique et promouvoir la production de films alors que paradoxalement il sera désormais interdit de représenter tout souverain vivant. Le premier film entièrement thaï, Doublement chanceux ( Chok Sorng Chan ) est réalisé en 1927 par Manit Wasuwat (et produit par la wasuwat bros bangkok comp). 17 films seront produits jusqu’en 1932, année de Long Thang (Gone Astray), produit par les frères Wasuwat, premier film parlant qui va mettre à mal progressivement ces premiers balbutiements du muet. Progressivement car la tradition des doubleurs continue. Ces artistes à part entière continue à effectuer toutes les voix et bruitages en direct, no seulement des films murets jusqu’aux années 50 mais aussi de tous les films étrangers et ce jusqu’à une période récente, déplaçant le public sur leur seule renommée.
Mais 1932, c’est aussi la date du premier coup d’état militaire du siècle, le début d’une longue série. Un événement politique qui scelle le destin d’un cinéma qui contrairement à d’autres pays est très bien vu, d’abord comme comme un outil de propagande mais aussi hélas comme un secteur dont toute expression personnelle doit être bannie. La censure thaïlandaise sera désormais féroce mais n’empêche pas un premier âge d’or durant les années 30, mais dont on a bien du mal à suivre les traces. Il s’ensuit donc un cinéma populaire qui va exalter les genres en fonction des influences étrangères : Etats-unis, Japon, Bollywood Hong Kong… Meilleur film de la période, Le roi et l’éléphant blanc (1941) de Pridi Phanomyong, cinéaste mais surtout homme politique et opposant qui l’a tourné intégralement en anglais pour toucher les pays extérieurs. L’âge dor s’arrête en 1942 car durant la guerre, le régime s’est volontairement rangé du côté du Japon et toute sa force de propagande se met au service de l’axe.  Dans l’immédiat après-guerre, il sera aux avant-postes de la lutte anti-communiste, d’autant que l’armée reprend le pouvoir en 1947.

Durant les années 50 existent de nombreux studios pour une production de 25 films par an, tous tournés en 16mm. à retenir Santi-weena (1954) de Rattana Pestonji (première grande figure et aussi le premier à avoir tourné en 35 mm et qui essaiera d’améliorer le niveau technique du cinéma local jusqu’à sa mort en 1970), premier film thaï sélectionné dans un festival étranger (Tokyo). Durant les 60’s, la production passe à 70 films par an, notamment des films musicaux comprenant des dizaines de chansons et sentimentaux avec le couple star Mitr-Petchara ( 192 films avec Petchara Chaowarat dont la comédie musicale culte Mon Rak Lookthung (Magical Love in the Countryside, 1970, resté six mois à l’affiche). A une époque où la Thaïlande produisait entre 50 et 75 films/an, Mitr a joué dans la moitié d’entre eux ! Notamment dans ces films d’action qui font rage car Mitr Chaibancha était champion de boxe thaï. Il tournera dans plus de 300 films de 1956 à 1970 (les deux tiers sont perdus car ils ne tiraient 3 ou 4 copies pour tout le pays). Son personnage masqué Insee Daeng (Aigle rouge) passera à la postérité. Beaucoup d’entre eux sont assez médiocres mais on trouve aussi de vraies curiosités comme Phra Apai Mani, mélange entre film mythologique et comédie de type splash.
Autre star immortelle de la décennie suivante, Sombat Metanee, grand chanteur et acteur de plusieurs centaines de films à partir de 1965 (il joue encore le méchant Fai dans Les larmes du tigre noir en 2007). Lui aussi joue avec la grande Petchara, notamment dans Mr. Tui de Dokdin Kanyamarn en 1971, une comédie musicale luk thung (la forme de country la plus populaire en Thaïlande et qui exprime la dureté de la vie paysanne) pour célébrer les beautés de l’Isan.

Mais les soubresauts politiques vont freiner l’expansion : révolution de 1973, puis la répression des émeutes en 1976 entraînent la proclamation de la loi martiale. Mais en 1977 une lourde taxe sur le film importés va booster la production locale qui produit pas moins de 150 films en 1978 avec un grand nombre de séries B asses faibles rebaptisée Nam nao (« eau croupie »).
Quels auteurs tournent néanmoins des film plus sociaux ou autour de la vie quotidienne :

Le prince Chatrichalerm Yukol, ayant étudié à la UCLA devient l’assistant de Merian C Cooper. De retour au pays, il réalise Out of Darkness (1971), le premier film de Science-Fiction thaïlandais. Puis il opère un virage radical s’engage sur le terrain social pour tirer le portrait de la Thaïlande contemporaine dont il n’aura de cesse de soulever l’ensemble des problèmes dès son Dr Kharn (1973) sur la corruption relative au service militaire et qui manque d’être interdit par la censure militaire, puis avec La madone des bordels (1974) sur la prostitution. Il tournera tourné environ 40 films , avec à partir des années 2000 un goût prononcé pour les fresques épiques sur les guerres avec la Birmanie (La Légende de Suriyothai présenté à Cannes par Coppola dans un remontage plus serré).
Dans son sillage plusieurs cinéastes s’essaient à un cinéma d’auteur :

son ancien assistant Euthana Mukdasanit réalise Tongpan (1976), un des tous premiers docu-fictions réalisé avec un groupe de militants étroitement lié aux mouvements étudiants de 1973. Banni en 1976, les membres de l’association seront emprisonnés ou forcés à l’exil.Par la suite, Mukdasanit réalisera une quinzaine de films dans divers styles, souvent couverts de prix en Thaïlande.
Le plus connu est Cherd Songsri, seul indépendant à avoir travaillé dans les studios des majors pour tourner 18 films. Tous ses films sont situés dans la thaïlande rurale et traditionnelle pour un cinéma profondément indigène, (La cicatrice (1977) avec Sorapong Chatree, primé à Nantes, gros succès au box-office thaïlandais. A noter encore, Puen Pang (1987) et Muen et Rid (1994) qui raconte dans le siam ancien à l’ère de Rama IV (1804-1864), comment une femme  lui déposa une requête pour obtenir l’égalité des droits pour les femmes.

Militant et étudiant en arts plastiques puis poète et ethnologue et enfin scénariste et réalisateur, Manop Udomdej appartient aussi à cette première nouvelle vague (ou Renouveau des années 70-80). Il est célèbre pour ses films sociaux et ses films noirs : En marge de la société (1981), The dumb die fast, the smart die slow (1991) remarqué à Rotterdam. Son policier au tour du viol d’une jeune fille The macabre case of Prompiram (2003), superbement réalisé, a créé la controverse.
Il y a aussi Permpol Choey-Aroon qui avec Saloperie de vie (1977), réalise un film important de la nouvelle vague. Enfin, Piak Poster tourne Thon (Seulement 16 ans, 1978), film sur le viol mais rempli d’audaces psychédéliques.

Quant à Vichit Khounavudhi, il troque les films d’action ou musicaux films  qui ont fait sa gloire depuis trente ans pour des socio-réalistes engagés, anthropologiques et très documentés dès Première Épouse (First Wife), qui aborde le sujet des “mia noi” (seconde épouse), puis Her Name is Boonrawd (1985), sur la prostitution organisée autour d’une base militaire américaine pendant la guerre du Viêt Nam. Ses films les plus connus : Les gens des collines (1981), Le fils du nord-est (1982), film quasi documentaire et considéré comme un chef d’oeuvre qui approfondit le même thème, soient les difficile conditions de vie dans l’Isan , province du Nord-Ouest durant les années 30, notamment dues à la sécheresse.
Il faut citer à la fin de la décennie le magnifique premier long-métrage d’animation thaïlandais, Les aventures de Sudsakorn, de Payut Ngaokrachang. Le coût du celluloïd n’aura pas permis au secteur de se développer. Avec l’animation 3D, la Thaïlande a lancé de nombreuses productions télé visuelles  comme le studio Kampana qui va produire Khan Kluay (2006) bien que le manque de collaborateurs sépcialisés se fasse cruellement sentir.

Dans les années 80, la production était d’environ 120 films par an, mais avec l’assouplissement du protectionnisme, la concurrence est telle qu’elle tombe à 10 films par la décennie suivante  même si de nouveaux sujets apparaissent (statut des femmes, les désastres écologiques, adolescence).
Heureusement, l’émergence de la seconde Nouvelle vague, mouvement lancé pour améliorer la qualité des films locaux, sur l’initiative de Nonzee Nimibutr par trois auteurs qui fondent les productions Cinemasia et ce, en pleine crise asiatique  de 1997 ! Nimibutr explose le box-office avec Nang nak (plus gros succès de tous les temps en 1999) qui met en scène l’histoire de fantômes thaïlandaise la plus célèbre.  Avec Jan Dara en 2001, il raconte des histoires d’amours impossibles et s’attaque à l’hypocrisie de la société thaïlandaise en matière de sexualité. Mais il reste avant tout le producteur de toute la nouvelle vague, dont le plus apprécié en occident car plus accessible, Pen-Ek Ratanaruang dès Fun bar karaoké (1997) primé au festival de Nantes suivi de 6ixtynin9 (1999), un polar sur fond de crise économique et de collusion police-mafia, puis Monrak transistor (2001), sélectionné à la quinzaine l’année suivante, puis Last life in the universe (2003) et son meilleur film, Vagues invisibles (2006), tous deux réalisés avec le scénariste Prabda Yoon, Christopher Doyle à la photo, Tadanobu Asano, idole asiatique dans le rôle principal (un japonais qui fuit en Thaïlande). Ploy (2007) est une nouvelle parabole désenchantée sur la vie dans la mégapole de Bangkok. Après un détour fantastique (Nymphe, 2009), autour des Nang mai, esprits vivant dans les arbres, il revient en 2017 pour le « superbe et troublant » Samui song.

Wisit Sasanathiang, spécialisé dans l’étalonnage et le métier de coloriste et réalisateur de pubs est l’auteur des scénarii des deux premiers films successfull de Nimibutr. Son premier film Les larmes du tigre noir (2001) est présenté à Un certain regard et distribué en salles par Luc Besson. Nimibutr produit aussi Tanit Jitnukul pour son film épique et saignant Bang rajan. Il en tournera la suite en 2010.
Les jumeaux Oxide et Danny Pang sont nés à hong-kong d’origine sino-thaïlandaise, oxide se spécialisant dans l’étalonnage et Danny dans le montage . Oxide qui s’installe à bangkok en 1992 réalise en 1997 son premier long-métrage Who is running, un remake du C’est arrivé demain de René Clair, qui est un échec mais le fait remarque de Nimibutr. En 1995, Danny l’y rejoint et travaille comme monteur (primé en 1997). Leur premier film commun sera un polar hard boiled, Bangkok dangerous (2000) avec lequel ils se font immédiatement remarquer à l’étranger. Le succès est encore au rendez-vous avec le film de fantôme The eye en 2002, qui deviendra même une trilogie, avec deux fausses suites. Les frères ont tourné dix films ensemble mais ils travaillent tout autant séparément, Oxide dans le fantastique (Bangkok haunted), le polar (One take only, 2002…), le film historique (My war, 2016), le thriller psychologique (Ab-normal beauty, 2004), réalisera pas moins de 16 films en solo. Danny a connu le succès comme monteur avec la trilogie Infernal affairs. On lui doit notamment le très personnel et autobiographique Leave me alone (2004), comédie policière gay sur la gémellité. La plupart de ses autres films seront tournés en Chine.

Cette vague permet à l’auteur le plus radical du cinéma thaïlandais, internationalement reconnu jusqu’à devenir l’un des cinéastes contemporains les plus importants des vingt dernières années est Apichatpong Weerasethakul. Ayant réalisé des courts-métrages documentaires ou expérimentaux depuis 1993 (9 jusqu’à son premier court-métrage), il tourne alors Mysterious object at noon en hommage au doubleur Konchanat, un road movie à travers la thaïlande et dont le scénario est construit sous forme de cadavres exquis avec les intervenants rencontrés. C’est Blissfully yours qui l’impose (2002, prix Un certain regard….), un film sur un trio amoureux et qui n’a pu être distribué en Thaïlande à cause d’une scène de sexe explicite, puis l’hypnotique Tropical malady (2004, prix du jury à Cannes) tourné dans la jungle au nord-est de la Thaïlande, histoire d’amour homosexuelle et onirique qui prend le chemin du conte légendaire. Syndromes and a century (2006) est le troisième volet de sa très personnelle trilogie, ici consacré à ses parents médecins dans un hôpital de campagne. En 2010, c’est le triomphe d’Oncle boomee et la palme d’or attribuée par le jury de Tim Burton, là encore avec des passages proches du conte et des basculements dans le fantastique (coexistence du monde spirituel), il s’agit d’une rêverie nocturne qui traite de la réincarnation (d’après un ouvrage écrit par un moine) mais aussi de la mémoire des conflits. Son moyen-métrage Mékong hotel (2012) reprend cette thématique (un pob, fantôme cannibale) pour un film entre fiction et documentaire situé sur la rive du mékong et sur la frontière. Cemetery of splendour reprend le thème de la réincarnation pour un film très politique (le nationalisme thaïlandais qui ne cesse de se régénérer pour vampiriser ses soldats/guerriers). Son influence sur les jeunes cinéastes est énorme avec l’émergence d’un cinéma moderne fait de longs plans fixes contemplatifs et où l’importance du son est primordiale.
Parallèlement à ce succès une nouvelle star du cinéma d’action va connaître un triomphe mondial : Tony Jaa. Ong Bak (réalisé par Pracha Pinkaew) sera d’abord sacré à l’étranger avant que L’honneur du dragon et Ong Bak 2 ne soient à leur tours les plus gros blockbusters nationaux. Il travaille par la suite Panna Rittikraj, le grand spécialiste boulimique de l’action à très petit budget.

Mais derrière ces grands noms, se profile une véritable floraison de réalisateurs et ce dans tous les genres, à savoir que particulièrement polygénérique, le jeune cinéma thaï incorpore presque toujours des éléments de comédie (le polar déglingué Killer Tatoo de Yuthlert Sippapak puis sa comédie horrifique Buppahrahtree : Flower of the night (2003) , commençant comme un drame sur le harcèlement, mais aussi la comédie musicale luk thung Hoedown Showdown (2002), la romcom musicale (trilogie Yam yasothon en 2005, 2009 et 2013). En 2004, Taweewat Wantha se fait repérer pour sa comédie horrifique zombiesque Sar wars située dans l’univers des jeux vidéo  et qui reprend le thème du virus sras apparu au vietnam en 2003 et qui a déferlé sur la chine et hong-kong. Le plus gros succès international viendra avec Yungyooth Thongkonthun pour Satreelex the Iron ladies (2000) sur la véritable histoire d’une équipe de volley composée exclusivement de transsexuels et de gays ayant remporté le championnat national en 1996. Il faut parler ici de la place réservée aux Katoey, ces trans qui dans le passé avaient une fonction comique ou étaient assimilés aux méchants jusqu’au succès de de ce film. Ce sera ensuite le succès de l’ahurissant Saving private Tootsie (2002) de Kittikorn Liasirikun où un commando homophobe doit sauver un groupe de trans dont l’avion s’est crashé dans la forêt. Beaucoup plus sérieux, Beautiful boxer (2003), le biopic du champion de boxe thaï (muay thaï) Parinya Kiatbusaba par le metteur en scène de l’action théâtre de Singapour et cinéaste Ekachai Uekrongtham. Mais plus généralement, le cinéma gay est en pleine explosion (le coming of age Rainbow boys sorti en 2005 adapte le livre d’Alex Sanchez, Père et fils (Saravuth Intaraprom, 2015), Bangkok love story (Poj Arnon, 2008), un thriller gay où un tueur à gage tombe amoureux de sa cible. Explosion ou… éjaculation, puisque G-thaï movie a produit plusieurs porno gays parodiques (Days of future past, Fifty shades of gay), la plus célèbre étant évidemment Jurassic porn (2015) du même Intaraprom dont la bande annonce a la presse internationale  (Slate, Première…). En réalité, c’est tout le cinéma thaï qui se libère de la censure pour affronter enfin sa sexualité et faire évoluer la société.
Mais le genre numéro 1 reste et ce à cause du bouddhisme et de son emprise sur la société et la culture thaïe, le genre horrifique. Il est tellement important et les fantômes si présents que dès 2002, la parodie de Nang nak fait un carton (Headless hero de Komsan Treepong).

Parmi la cohorte de bons films d’horreur, toujours très bien réalisés (atmosphères fortes, éclairages stylisés, montage travillé), Zee-oui the man eater (2004) est l’oeuvre presque unique de deux réalisatrices d’une cinquantaine d’années. Il s’agit du voyage en Thaïlande en 1946 d’un ancien soldat chinois traumatisé et que les difficultés de la vie en exil vont transformer en tueur d’enfants cannibale. La mise en scène impressionne.
Un duo venu du court-métrage casse la baraque avec leur premier long en 2003 avec Shutter : Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom (plus gros succès de l’année y compris aux Philippines, au Brésil, en Malaisie et à Singapour, ce qui entraînera un remake américain et un autre japonais. Ils remportent un autre succès en 2007 avec Alone. A citer encore Peter Manus repéré par Mad movies ou Thanakorn Pongsuwan avec Fake, The story of X-circle et surtout leur thriller autour de déviances sexuelle, Opapatika (2008) sur la quatrième façon de naître dans le bouddhisme, qui confère à la fois des super pouvoirs et une malédiction.

Mais si sa part commerciale est infime dans le déferlement ininterrompu d’oeuvres de genre, le cinéma d’auteur est aussi en pleine expansion. Gérard Fouquet, le spécialiste français du cinéma thaï à qui l’on doit une importante rétrospective à la Cinémathèque, cite dans la veine sociale et à la fois grand public Jira Maligool ou encore Pantham Thongsang avec Le Verdict (2004), mais c’est surtout Aditya Assarat qui arrive à Cannes avec l’excellent Wonderful town (2007) sur les difficultés de l’après tsunami. Signalons encore Stories from the north de Uruphong Raksasad ou la réalisatrice Anocha Suwichakornpong pour son Mundane history (2009) récompensé à Rotterdam. Enfin, Lee Chatametikool, monteur de Weerasethakul, a réalisé sur le retour à Bangkok d’un jeune exilé, Concrete clouds (2013).
Aujourd’hui reconnu et même dans ses lisières, le cinéma thaïlandais est une forêt où coexistent ses fantômes et ses multiples branches en une cinématographie luxuriante qu’il convient d’inventorier plutôt que de défricher à) grands coups de stéréotypes.

Mondociné : 9 ateliers pour voyager à travers le Monde par ses cinémas - Thaïlande
basic
44.324014
3.593713999999977
Infos pratiques : 

Atelier cinema , Mondociné 2019-2020 , Saison 2019-2020 à La Nouvelle Dimension, 12 Rue Armand Jullié, 48400 Florac

3 euros / Gratuit pour les adhérents

Organisation(s) : 
Crédits photos Fond : Festival 48 images secondes 2019 - La Nouvelle Dimension