80e anniversaire de la Retirada (1939-2019)

Du 02/04/2019 au 15/05/2019
Lieu : Archives départementales à Mende

Exposition de documents du 2 au 30 avril 2019, du mardi au vendredi, 8h30 à 12h, 13h à 17h30

Pour commémorer les 80 ans de la Retirada (1939-2019), les Archives départementales de la Lozère présentent, du 02 au 30 avril 2019, et sous la forme d'une petite exposition, quelques documents issus de leurs fonds.

La Retirada, qu'est-ce que c'est ? En français, retirada se traduit par retraite. Dans l'Histoire récente, la Retirada désigne, pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), la retraite en France des civils et militaires espagnols fuyant les troupes nationalistes du général Franco vainqueures des Républicains.

Un peu d'histoire

La guerre civile espagnole (1936-1939) a vu s'affronter deux camps : les Républicains et les Nationalistes. De nombreux volontaires étrangers se sont mobilisés pour venir en aide aux Républicains et se sont engagés, pour une majorité, dans les "Brigades internationales". L'Allemagne d'Hitler et l'Italie de Mussolini apportent leur soutien aux troupes rebelles du général Franco, tandis que la France et la Grande-Bretagne décident de ne pas intervenir. Des artistes témoignent des massacres commis, tel Pablo Picasso peignant son célèbre Guernica, village bombardé...

Le conflit se termine avec la prise de Madrid par les Nationalistes, en mars 1939. Les civils avaient commencé à trouver refuge en France dès 1937 mais c'est la retraite de 1939 qui marque les esprits par son ampleur. Elle avait massivement débuté dès après le 26 janvier 1939 et la chute de Barcelone. En deux semaines, près de 250 000 réfugiés civils puis militaires passent la frontière des Pyrénées : c'est la Retirada. Face à un tel afflux, les autorités françaises construisent à la hâte des camps sur les plages d'Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien et du Barcarès (Pyrénées-Orientales). Les conditions de vie y sont très difficiles, les réfugiés y sont arrivés dans le plus total dénuement. Pour désengorger ces camps, femmes, enfants et personnes âgées sont redirigés vers les départements de l'intérieur tandis que les hommes restent dans les Pyrénées-Orientales puis sont envoyés dans des compagnies de travailleurs étrangers, principalement vers les secteurs de l'agriculture et de l'industrie de guerre pour pallier la main d'œuvre masculine partie au front. De nombreuses familles sont ainsi séparées. Par la suite, ces camps de fortune sont vidés et de nouveaux lieux d'internement sont construits : Bram, Agde, Rivesaltes, Gurs et Septfonds. Les historiens évaluent à environ 450 000 le nombre d'Espagnols passés en France pendant l'exode.

Rieucros

En Lozère, le camp d'internement de Rieucros, ouvert en janvier 1939, n'est à l'origine pas destiné aux Espagnols mais aux "étrangers indésirables". Ce sont néanmoins des Brigadistes et des Républicains qui parmi les premiers peupleront le camp. Dès l'automne 1939, le camp est exclusivement réservé aux femmes parmi lesquelles de nombreuses Espagnoles. En réalité, c'est tout le territoire de la Lozère qui accueille des réfugiés : des camps d'hébergement sont construits à Saint-Chély, à Langogne, à Florac, à Marvejols, à La Canourgue, à Bagnols-les-Bains, à Chanac, à Mende.

On emploie les hommes dans les fermes, les mines (Collet-de-Dèze, Vialas, Barjac), les usines (notamment à Saint-Chély) et les femmes au ménage, à la couture, dans les commerces. Ils sont généralement bien accueillis par la population, peu au fait des événements d'Espagne, mais les autorités restent méfiantes, on craint le "péril rouge" (parmi les Républicains espagnols un certain nombre sont des militants communistes et quelques uns des anarchistes). Pourtant, soucieux de montrer leur dévouement à cette terre d'accueil et de continuer leur lutte contre le fascisme, beaucoup de guérilleros s'engagent dans la Résistance au côté des maquisards français. En Lozère, c'est la 15e brigade, affiliée aux Francs tireurs et partisans - Main d'œuvre immigrée (FTP-MOI) - qui regroupe ces guérilleros issus du Parti communiste espagnol clandestin. Seize d'entre eux trouvent la mort au combat de la Parade avec le maquis Bir-Hakeim le 28 mai 1944 ou sont exécutés le lendemain par les Allemands.

Peu connue du grand public, la Retirada a pourtant marqué l'histoire du territoire. Nombreux sont les enfants de Républicains à être restés vivre en France, y compris en Lozère.

L'accès à notre exposition est libre et accessible aux jours et heures habituelles d'ouverture au public des Archives.

Alors, venez nombreux(ses) découvrir cette exposition !


 

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Crédits photos Fond : Rupture au Mont-Blanc- Claudine Georget